Poisson sauvage ou poisson d'élevage ? La diététicienne répond à vos 5 questions les plus posées !


1) Le poisson sauvage est-il meilleur que celui d'élevage sur le plan nutritionnel ?

Sur le plan nutritionnel, les différences entre les poissons sauvages et d'élevage tendent à s'estomper.

Le poisson d'élevage est souvent plus gras que le poisson sauvage, mais les teneurs en oméga-3 sont relativement similaires (et plus stables pour les poissons d'élevage).


2) Le poisson sauvage, est-il meilleur que celui d'élevage sur le plan environnemental ?

1/3 seulement des poissons consommés en France est issu de la pêche fraîche tandis qu'environ 1/2 provient de l'aquaculture (le reste est de la pêche congelée.).

A priori la réponse est simple : le poisson sauvage est meilleur pour la santé comme pour nos papilles gustatives. En réalité, les choses sont plus nuancées.

D'un côté, l'alimentation des poissons dans l'aquaculture pose toujours problème. Depuis la crise de la vache folle, les poissons d'élevage ne peuvent plus être nourris avec des farines provenant d'animaux terrestres, mais le problème est qu'ils sont nourris avec de la farine de poisson. Or, pour produire 1 kg de poisson d'élevage, il faut 3 à 7 kg de poissons sauvages réduits en farine. Cela contribue à la réduction du stock de poissons en pleine mer ...

D'un autre côté, l'aquaculture ne met pas en danger la survie des espèces, permet la consommation de poisson exempte de métaux lourds et diminue le risque de contamination des poissons par des molécules organochlorés (PCB ou polychlorobisphényls ou dioxine).

Toutefois, l'aquaculture utilise tout de même de nombreux produits chimiques (antibiotiques et désinfectants) tout en générant des problèmes environnementaux et sanitaires qu'elle subit en retour via la pollution des eaux à laquelle elle contribue. Pour cela, veillez à choisir des poissons avec le label AB.


3) Que faut-il vérifier sur les étiquettes avant d'acheter mon poisson ?

Sur l'étiquette, vérifiez :

-Le mode de production (péché en eau douce ou élevé) et si le produit est décongelé.

-Le type d'engin de pêche utilisé pour le capturer. Privilégier les casiers, les pièges et la pêche à la ligne qui sont de techniques dites "passives", plus respectueuses.

-La sous-zone de pêche, de façon à choisir des produits ayant parcouru de petites distances en favorisant la zone la plus proche de chez vous.

-Il n'est pas toujours facile de déterminer l'état de fraîcheur d'un poisson. Toutefois, vous pouvez vérifier trois critères avant l'achat : l'aspect de la peau, celui de l'oeil et celui des ouïes (ouvertures paires situées de part et d'autre de la tête).


4) Les boîtes de poisson (thon, maquereau, sardines) sont-elles de bonnes alternatives ?

Oui ! Une des manières les plus simples et les moins onéreuses de consommer du poisson est d'avoir recours à des boîtes de conserves.

Toutefois, côté nutritionnel, on est tenté de répondre non même si les différences ne sont pas très importantes, sauf en ce qui concerne les vitamines (perdues à cause du traitement thermique ou dispersées dans l'huile ou l'eau salée qui recouvre les poissons) et la teneur en oméga-3 des poissons en boîte est en général légèrement inférieure à celle des poissons frais (pour le même poisson).

Les poissons conservés dans l'huile seront plus gras et la nature de cette huile est importante : choisissez de préférence du poisson à l'huile d'olive ou à l'huile de colza.


5) Le poisson fumé est-il une bonne alternative ?

Le fumage est une méthode traditionnelle de conservation du poisson utilisée pour de nombreuses variétés de poissons (saumon, truite ...).

Sur le plan nutritionnel, le fumage fait sécher le poisson et donc augmente la concentration en nutriments, notamment en protéines, mais aussi en sel !

De plus, le fumage génère aussi des hydrocarbures polycycliques (HAP) qui sont des substances cancérogènes. Cependant, leurs taux dans le poisson sont considérés par les scientifiques comme acceptables (à condition de ne pas consommer du poisson fumé trop souvent.

Préférer le saumon "fumé au bois", n'ayant pas subi de congélation, tranché main (l'indication "façon traiteur" garantit l'absence de déchets, à ne pas confondre avec "qualité traiteur" qui décrit un conditionnement de petites quantités de saumon), salée au sel sec. La couleur du saumon doit être homogène avec des bordures de tranches de couleur claire et sans tâche brune.




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